Création d'une unité de méthanisation agricole collective et territorialisée

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Création d'une unité de méthanisation agricole collective et territorialisée

Thématique(s) : Aucun objet associé.
Bénéficiaire : SAS GATINAIS BIOGAZ

image France avec Région Centre en surbrillance


La transition énergétique ne peut se faire sans l’accompagnement des pouvoirs publics mais ne sera réelle que si les entreprises privées s’en emparent. Le Grenelle de l'environnement a confirmé la priorité donnée à la lutte contre le changement climatique, notamment à travers la question énergétique. Dans le but de rendre viable cette transition, le développement de technologies vertes est soutenu par l’Union européenne.

Sur le canton de Château-Renard, des initiatives sont prises en faveur du développement des énergies renouvelables. Dans ce contexte, la société Gâtinais Biogaz a vu le jour en juin 2009, réunissant 16 associés (11 exploitations agricoles, sur une étendue de 1 700 ha, et une ETA – Entreprise de travaux agricole – formée de 5 entrepreneurs). Dans leur ligne de mire : la création d’une unité de méthanisation des déchets fermentescibles provenant de leurs territoires, puis au travers d'un cogénérateur, la production d’électricité et de chaleur. Commencée fin 2011, l’unité est opérationnelle depuis octobre 2012.

L’enjeu de ce projet particulièrement innovant, porté par le monde agricole, est de contribuer aux objectifs de développement durable :

  • traitement des déchets,
  • production d’une énergie « verte » (renouvelable),
  • réduction des nuisances occasionnées par l’épandage des effluents d’élevage auprès des riverains,
  • intégration des agriculteurs locaux en polyculture-élevage au projet et préservation de la diversité des paysages ruraux en contribuant au maintien de la biodiversité face à l’uniformisation générée par le système des grandes zones agricoles, cultivées.

 

De façon très pratique, comment ça marche ?

Première étape : la collecte de déchets organiques, provenant de trois origines : exploitations agricoles (représentant 12 700 t/an), industrie agroalimentaire (soit 4500 t/an) et collectivités locales (soit 6000 t/an) de la région.

Deuxième étape : traitement de l’ensemble des matières organiques ou biomasse dans un digesteur (cuve de fermentation). La fermentation de la biomasse, en l'absence d'oxygène, produit du biogaz.

Troisième étape : transformation par cogénération du biogaz en énergie sous forme d’électricité et de chaleur. Les matières organiques se sont, elles, transformées en digestat, fertilisant désodorisé naturel proche du compost directement épandable aux champs. Ce fertilisant organique permet une meilleure valorisation agronomique que les fertilisations organiques brutes (lisier, fumier). Elle diminue ainsi le recours aux engrais d’origine minérale par une meilleure valorisation de l’azote d’origine organique.

L'électricité est revendue à EDF, et la chaleur utilisée pour chauffer un collège et un gymnase. L’unité pourra également valoriser la chaleur produite grâce à une unité de séchage polyvalente.

Sur les 4 millions nécessaires à la réalisation de ce projet, la participation du fonds européen de développement régional (FEDER) s’est élevée à 400 000 euros.

Économiquement, le projet a permis la création de 2,5 emplois à temps plein et a contribué au maintien d’11 emplois indirects dans les exploitations d’élevage partenaires du canton. Au niveau agricole, le premier bilan est positif tant au niveau de l’organisation logistique qu’au niveau agronomique sur les exploitations agricoles partenaires. En termes d’énergie renouvelable, le projet produit l’équivalent de la consommation d’environ 1 500 habitants, réalisant une économie d’1 million de litres de fuel par an. Il produit une matière fertilisante qui évitera l’épandage sur le canton de Château-Renard d’environ 60 tonnes d'azote pur, représentant 180 tonnes d’engrais chimique. Enfin, le projet évite le rejet dans l’atmosphère d’environ 1 700 tonnes équivalent CO2 , soit la pollution d’environ 800 véhicules de tourisme.

Techniquement, les entrepreneurs prennent aujourd’hui la mesure de la complexité technique d’une telle installation. S’ils ont atteint une bonne maîtrise de production de gaz, il leur faut mieux appréhender la maintenance préventive des équipements avec les conséquences financières qui en résultent. En effet, après une année entière de fonctionnement, les premiers résultats financiers sont décevants. Les ajustements techniques liés à la montée en charge et à la prise en main de l’installation, une mauvaise estimation de la répartition de la séparation de phase sur digestats bruts, une sous-estimation de certains postes comme l’électricité, la maintenance, les ressources humaines et la logistique ont handicapé la rentabilité du projet.

Le prévisionnel 2014-2015 s’annonce meilleur, malgré de faibles tarifs de rachats par EDF pour des installations collectives centralisées. Selon Jean-Yves Gardoni, l’un des agriculteurs partenaires du projet, il manquerait 2 centimes d’euros/KW pour arriver à une gestion sereine de l’entreprise. Les exploitants émettent le vœu d’être davantage consultés par les pouvoirs publics, car leur modèle, assez unique en son genre, est l’un des moyens d’accès à la méthanisation pour les petites et moyennes exploitations d’élevage.

Informations complémentaires

  • Durée : 2 ans
  • Coût total : 3 414 846 €
  • Chiffres clés
    • 23 000 tonnes de déchets collectés (4 320 MW/an d'électricité et 5 606 MW/an de chaleur) => la consommation de 1 500 habitants => 1 000 000 litres de fuel /an économisés
    • Environ 2 000 personnes ont visité le site depuis 2012
    • Création de 2,5 emplois à temps plein et maintien de 11 emplois indirects.