La recherche et l’innovation sont au cœur de l’action de l’Union européenne pour renforcer sa compétitivité et répondre aux grands défis de demain. L’UE soutient ainsi les chercheurs, les entreprises et les acteurs publics dans le développement de nouvelles solutions.
La recherche et l'innovation, un axe européen stratégique au soutien de la compétitivité
La souveraineté européenne passe par la recherche
L’Union européenne fait face à un enjeu de taille : ne pas perdre la course à l’innovation, rester compétitive, et conserver et attirer les meilleurs talents. Il faut donc qu’elle développe les moyens et les stratégies en termes de recherche et développement et d’innovation. Depuis 1984, plus de 280 milliards d’euros ont été investis dans la recherche, et plus de 30 prix Nobel ont été remportés par des chercheurs soutenus par l’UE.
Désormais, la recherche et l’innovation sont aussi pensées dans le cadre d’un nouvel objectif final, la compétitivité des entreprises européennes. Soulignée dans l’examen à mi-parcours de la politique de cohésion, l’amélioration de la compétitivité est une nouvelle priorité stratégique de l’UE autour desquelles devraient se réorganiser les programmes. Il est proposé de renforcer la compétitivité de l’Europe et de combler l’écart en matière d’innovation. L’idée : que les grandes entreprises bénéficient du soutien du FEDER dans les domaines critiques, comme la défense, les technologies stratégiques et la décarbonation.
Ainsi en Auvergne-Rhône-Alpes, une des premières régions européennes en micro-électronique, le pôle industriel de Grenoble participe à l’effort de souveraineté industrielle et numérique en produisant des semi-conducteurs.
Mais ce n’est pas le seul objectif de la politique européenne de recherche et d’innovation. Elle vise aussi à accélérer les transitions écologique et numérique, développer l’innovation médicale et garantir la sécurité des citoyens, par la préparation aux crises et la cybersécurité.
La politique de recherche et d’innovation européenne s’illustre également dans le cadre de l’espace européen de la recherche, qui stimule cette dernière par des coopérations mondiales entre chercheurs.
Horizon Europe, le programme cadre européen pour la recherche et l'innovation
Pour répondre à tous ces enjeux liés à la recherche, la Commission européenne s’est dotée d’un outil de taille : le programme cadre pour la recherche et l’innovation, Horizon Europe. Il prend la suite du programme Horizon 2020 de la programmation 2014-2020.
Doté d’un budget de 95,5 milliards d’euros sur la période 2021-2027, il concrétise la volonté de l’Union de faire face aux problématiques actuelles grâce à une recherche de pointe, tout en stimulant sa compétitivité.
Les fonds européens au soutien de la recherche
La plupart des fonds européens permettent de financer des projets de recherche et d’innovation dans les territoires.
Près de 1,6 milliard d’euros de FEDER et de FTJ sont alloués à la R&I pour la période 2021-2027. Ce montant se répartit dans quatre grandes catégories :
-
la valorisation de la recherche et des réseaux d’innovation (35%),
-
les investissements pour la recherche publique (29%),
-
les activités de R&D dans les établissements publics,
-
les investissements R&D et activités d’innovation dans les entreprises (15%).
Cela représente 1,45 milliard d’euros de FEDER, et 156 millions de FTJ. Le FTJ intervient au soutien aux activités et projets de RDI dans les filières industrielles les plus émettrices de gaz à effet de serre et dans les filières émergentes, pour favoriser la transition écologique des territoires.
Le FEADER lui, soutient l’innovation par le partenariat européen pour l’innovation (PEI), qui cible les secteurs de l’agriculture et la sylviculture.
Quant au FEAMPA, il finance des projets de R&I dans les ressources halieutiques.
Enfin, les programmes Interreg permettent de renforcer la coopération transfrontalière en matière de R&I et faire émerger des projets de R&D. Pour faire face à la diminution des ressources en eau, la France, l’Espagne et le Portugal se sont organisés dans le cadre du programme Interreg Sudoe pour créer une stratégie transnationale de digitalisation afin que les agriculteurs sachent mieux gérer leur consommation d’eau en s’appuyant sur les différentes expériences nationales.
Financer la recherche publique
A horizon 2029, les projets FEDER et FTJ doivent avoir permis à près de 15 000 chercheurs de travailler dans des centres de recherche soutenus, et à 1500 chercheurs d’avoir été embauchés. Plus de 300 organismes de recherche doivent aussi avoir participé à des projets de recherche communs.
Développer la recherche dans l’Union européenne, c’est en effet doter les centres des meilleurs moyens possibles pour que les chercheurs puissent travailler dans les meilleures conditions. Il faut donc soutenir les investissements dans la recherche publique, à travers des équipements et des infrastructures mutualisés (laboratoires ou encore plateformes technologiques). On peut aussi financer des projets collaboratifs publics / privés, ou mettre l’accent sur les projets de laboratoires publics reconnus d’excellence.
Dans la santé, les fonds européens permettent d’équiper les territoires les moins bien pourvus en matériel de pointe. En Martinique, dans le cadre de REACT-EU, le FEDER a soutenu la création de l’Institut Caribéen d’Imagerie Nucléaire (ICIN), pour renforcer la lutte contre le cancer avec des équipements de dernière génération.
La recherche publique ne peut plus aujourd’hui être isolée de la sphère privée, car elle peut apporter une véritable valeur ajoutée aux entreprises européennes.
Soutenir les entreprises européennes pour stimuler l'innovation
L'entrepreneuriat et les PME fourmillent d'activités innovantes
Les fonds européens peuvent, dans un objectif de stimuler la recherche européenne, participer à la diffusion de la culture scientifique et accompagner la vocation scientifique et la culture entrepreneuriale innovante.
Les projets de recherche et d’innovation doivent travailler à développer une économie faible en émission de gaz à effet de serre. Les travaux entre centres de recherche et sociétés expertes dans un sujet peuvent ainsi permettre aux territoires de développer une économie résiliente.
En Guyane, le FEADER a soutenu la société d’ingénierie écologique Solicaz, issue d’une étroite collaboration avec les centres de recherche et spécialisée dans la préservation et la restauration du capital naturel des sols.
Mais ce n’est pas le seul objectif de la politique européenne de recherche et d’innovation. Elle vise aussi à accélérer les transitions écologique et numérique, développer l’innovation médicale et garantir la sécurité des citoyens, par la préparation aux crises et la cybersécurité.
La politique de recherche et d’innovation européenne s’illustre également dans le cadre de l’espace européen de la recherche, qui stimule cette dernière par des coopérations mondiales entre chercheurs.
Les stratégies régionales de spécialisation intelligente
En France, la part de dépenses de recherche et développement dans le PIB était de 2,18% en 2023, soit un peu plus que la moyenne de l’Union européenne (2,1%). C’est toujours sous le seuil des 3% fixé dans la stratégie de Lisbonne.
Pour orienter les fonds de la politique de cohésion vers les activités de RDI, les autorités de gestion ont mis en place des stratégies de spécialisation intelligente, dites « S3 ». L’objectif : créer des conditions favorables pour une économie européenne compétitive en concentrant les investissements sur un nombre restreint de secteurs stratégiques, et exploiter au mieux le potentiel d’innovation de chaque région.
En Bretagne, cela s’est traduit dans la création de Breizh up, un fonds de co-investissement pour accompagner les jeunes entreprises innovantes dans les secteurs identifiés de la S3, garants des emplois de demain.
Ces stratégies peuvent être localisées dans un territoire, ou bien coordonnées avec d’autres, notamment dans un cadre transfrontalier. C’était le cas pour l’Eurorégion Nouvelle-Aquitaine-Euskadi-Navarre, dans le cadre du programme Interreg POCTEFA 2014-2020. Le projet COMPLET’PLUS a stimulé la compétitivité des entreprises dans l’hybridation énergétique, l’électromobilité, l’agroalimentaire et les industries créatives et culturelles.
Les acteurs ont tiré un bilan des stratégies territoriales intégrées à la fin de la précédente période budgétaire, consultable ci-dessous :
Pour en savoir plus sur les thématiques financées →