L'Europe numérise

Plus de 750 millions d’euros de FEDER, FSE+ et FTJ sont alloués au soutien du numérique. De la transition numérique au très haut débit, de l’inclusion à la formation, le numérique est une thématique phare portée par l’Union européenne. 

Financer les transitions numériques et la sensibilisation des publics

L’Europe à l’heure de la transformation numérique

Préalable au développement économique, la transformation numérique des entreprises et de l’administration est une des priorités de la Commission européenne. 

Cela se traduit par des allocations dans plusieurs domaines, dont : 

  • La e-santé
  • Les compétences et l’inclusion numériques
  • La transition numérique des services publics 
  • La transition numérique des entreprises
  • Des infrastructures très haut débit 
  • D’autres infrastructures numériques
  • La numérisation des transports …

A horizon 2029, les autorités de gestion ont visé plusieurs objectifs : 

  • Près de 800 000 logements et entreprises supplémentaires accédant au très haut débit
  • Près de 650 institutions publiques bénéficiant d’un soutien pour l’élaboration de services, produits et processus numériques
  • Près de 13 millions d’utilisateurs annuels de nouveaux services, produits et procédés numériques publics

Mais le numérique, c’est aussi la protection des utilisateurs en ligne, un accès égal sur tout le territoire, ou de nouvelles méthodes d’enseignement.

L’Europe à l’heure de la transformation numérique

Les interventions en faveur du numérique sont principalement soutenues au titre du FEDER via l’objectif stratégique 1 « Une Europe plus intelligente », et au titre du FTJ pour les régions concernées. Plusieurs régions mobilisent également des actions sur le numérique via l’objectif stratégique 5 « Une Europe plus proche des citoyens » au titre du développement urbain et non-urbain

Cela se traduit notamment dans l’achat d’équipement numérique, comme en Guadeloupe pour les lycéens, ou pour le développement de la couverture très haut débit sur le territoire breton. 

Les usages du numérique peuvent également répondre à des besoins dans des domaines variés, notamment en matière de mobilité, d’éducation, de formation et d’emploi. Les fonds européens peuvent ainsi soutenir des projets visant à faciliter l’accès aux services de transport, à améliorer les conditions d’apprentissage ou encore à renforcer l’accès à Internet dans les établissements scolaires et les centres de formation. 

Les investissements pour le numérique jouent aussi pour des projets d’inclusion et de tiers lieux. Par exemple, la ville de Brest accompagne les publics éloignés à l’accès du numérique, avec des conseillers dans l’hôtel de ville et les médiathèques. Ce projet s’inscrit dans le cadre du dispositif « conseillers numériques » du plan France Relance. A Evreux en Normandie, l’ancienne Banque de France a été transformée en espace de coworking flexible pour différents publics (entreprises, indépendants et étudiants), avec un atelier de reconditionnement informatique pour donner une seconde vie aux équipements numériques, tout en luttant contre la fracture numérique.

Une partie des financements sera mise en œuvre par des approches territoriales intégrées, représentant près de 139 millions d’euros. A propos des investissements territoriaux intégrés (ITI), certaines autorités de gestion ciblent ainsi les zones urbaines pour y développer des infrastructures, équipements et services numériques. D’autres territoires spécifiques sont visés, notamment les moins bien desservis comme les zones rurales. C’est le cas dans le Pas-de-Calais, où une association a créé un outil numérique qui facilite la recherche de locaux des professionnels pour qu’ils implantent leur activité. 

D’autres programmes européens peuvent s’articuler avec les fonds européens pour financer des projets numériques. Il s’agit notamment du programme Digital Europe, axé sur l’apport des technologies numériques aux entreprises, aux citoyens et aux administrations publiques. Le programme Erasmus+ peut également financer des projets liés à la sensibilisation au numérique.

Répondre aux menaces sur les données numériques

En 2018, le règlement général sur la protection des données représente une avancée significative en la matière. S’appliquant aux entreprises européennes et à celles étrangères utilisées par les Européens, il renforce la transparence sur l’utilisation des données personnelles, et met en place un droit à l’oubli. Mais les données sont toujours sensibles, d’où des besoins en cybersécurité. La Commission européenne a mis en place une stratégie sur la cybersécurité, pour renforcer la souveraineté technologique des entreprises et citoyens en la matière : hôpitaux, réseaux énergétiques, chemins de fer, objets connectés…

Les initiatives en matière de cybersécurité font donc l’objet d’une attention particulière dans plusieurs programmes régionaux. En Dordogne, un centre de ressources en cybersécurité a ainsi été financé par l’Union européenne. Il réalise des audits sur la maturité de la sécurité des systèmes d’information, met en place une veille cybersécurité, des outils de surveillance, et sensibilise les collectivités. 

Puisque la cybersécurité concerne tout le territoire européen, les projets Interreg proposent des solutions transfrontalières et interrégionales stratégiques. C’est le cas du projet CYBER, qui crée des synergies entre différentes régions européennes pour renforcer leurs écosystèmes de cybersécurité

Mieux utiliser l’intelligence artificielle

En 2024, un règlement adopté par le Parlement européen établit des règles harmonisées sur l’intelligence artificielle. C’est le premier cadre législatif au monde qui encadre le développement, la mise sur le marché et l’utilisation de l’IA. L’objectif : qu’ils respectent les droits fondamentaux, les valeurs européennes et la sécurité des citoyens, entreprises et administrations. Il encourage aussi l’innovation, pour que l’UE devienne à terme souveraine en la matière.

Les biais de l’intelligence artificielle sont donc de plus en plus contrôlés par l’UE et les Etats membres. Cela permet de l’utiliser de la meilleure des manières, qui favorise l’innovation tout protégeant les utilisateurs. Alors, l’intelligence artificielle devient un outil très utile pour de nombreux usages, notamment la formation, en intégrant des outils de suivi de compétences dans l’apprentissage comme en Pays de la Loire. Les collectivités s’en emparent aussi pour établir un certain nombre d’indicateurs intelligents afin de développer leur attractivité et des solutions écoresponsables, comme Noisy-le-Grand en Île-de-France. 

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