L'Europe voyage

Le tourisme est un enjeu essentiel pour les territoires, symbole d'attractivité et stimulateur de développement économique. Ses enjeux écologiques et sociaux ne sont néanmoins pas à négliger. L'Union européenne prévoit de nombreux outils à disposition des acteurs des territoires pour développer un tourisme respectueux de son environnement, à petite et grande échelle. 

Le tourisme en Europe, un enjeu économique de premier plan

Première destination touristique mondiale, l’Europe tire profit du tourisme qui joue un rôle important dans le développement des régions européennes en stimulant l’économie locale. En effet, les revenus générés du tourisme participent à 3,6% de la valeur ajoutée dans l’économie européenne.

 La France est aussi le pays le plus visité au monde, avec 102 millions de visiteurs internationaux enregistrés en 2025, engendrant un nouveau record de recettes touristiques de 77,5 milliards d’euros. Le tourisme peut être international comme national : en 2024, parmi les voyages des Européens, 7 destinations sur 10 se trouvaient dans leur propre pays.

Le Conseil de l’Union européenne a adopté fin 2022 l’Agenda européen pour le tourisme à horizon 2030. Il s'appuie sur la feuille de route de la Commission pour la transition du secteur du tourisme, qui vise à aider l’industrie européenne à jouer un rôle de premier plan dans les transformations écologiques et numériques, et comprend un plan de travail pluriannuel prévoyant des mesures à mettre en œuvre par les pays de l'UE, la Commission et les acteurs du secteur du tourisme. 

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Les projets pour renforcer la compétitivité, la durabilité et la qualité du tourisme local et régional sont financés par les fonds européens pour continuer à améliorer les lieux et services touristiques européens. Il s’agit en effet d’une thématique d’investissements non négligeable de la politique de cohésion, tant du point de vue développement économique que du point de vue de l'aménagement du territoire

L’Union européenne soutient notamment les infrastructures de tourisme et d’hôtellerie. La Maison Rabelais à Amboise, hôtel du Centre-Val de Loire pensé pour réduire les consommations d'énergie, en a bénéficié.

Maison Rabelais, Amboise
FEDER

De nombreux fonds permettent de consolider l’offre touristique : FEDER, FSE+, FEAMPA, FEADER mais aussi les programmes Interreg. Ils financent des projets sur le tourisme durable, maritime et côtier, culturel et patrimonial, ou encore les compétences, l’innovation et la transition numérique liée au tourisme.

⇒ Outre les fonds structurels, d’autres sources de financement sont communiquées par la Commission européenne sur cette page. Les professionnels du tourisme comme les villes hôtes et commerces bénéficiaires du tourisme ont donc de nombreuses ressources à leur disposition pour développer un tourisme respectueux de l’environnement et stimulateur de l’économie locale.

Financer le tourisme pour sauvegarder le patrimoine culturel européen

Les musées et sites patrimoniaux bénéficient de projets pensés pour moderniser leur offre culturelle, mais aussi de projets de rénovation ou de construction. Cela a été le cas pour le musée alsacien Lalique, qui propose désormais un parcours de visite interactive avec des outils digitaux, ou encore pour le château de Foix en Ariège, aménagé pour accueillir les touristes. Dans les territoires ruraux (musée de la Préhistoire) comme urbains (musée de la figurine de Compiègne), l’offre d’expositions et de rénovations des musées se multiplie grâce aux fonds européens. 

Le château de Foix en Ariège (Occitanie)
La cathédrale de Bourges (Centre-Val de Loire)

L’Union européenne a également créé les Capitales européennes de la culture, financées à travers le programme Europe Créative. C’est un excellent moyen de faire valoir la culture locale ! Bourges a été désignée Capitale européenne de la culture 2028, devenant ainsi la cinquième ville française lauréate. Les villes bénéficient de retombées économiques importantes. En 2013, la dernière ville française désignée, Marseille, a compté 11 millions de touristes !

Le tourisme durable, une nouvelle manière de voyager

De nouvelles pratiques touristiques sont nées du fait des conséquences néfastes qu’un tourisme de masse peut avoir sur l’environnement. Le tourisme durable, ou tourisme vert, est centré sur la préservation de l’environnement par des pratiques touristiques responsables. On l’appelle aussi écotourisme.

Mais il n'y a pas que l'environnement qui est concerné par les projets de tourisme durable. Ils permettent aussi de favoriser l’insertion socio-professionnelle des locaux. Le FSE+ peut ainsi co-financer des projets qui stimulent la formation professionnelle et l’insertion dans les métiers du tourisme et de l'hôtellerie. C’est le cas en Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté...

FSE+

Les villes européennes peuvent aussi être désignées Capitales européennes du tourisme intelligent (pour les villes de plus de 100 000 habitants) et Villes pionnières du tourisme intelligent (pour les villes de 25 000 à 100 000 habitants), initiatives mettant en valeur les territoires qui s’engagent pour un tourisme innovant, respectueux de l’environnement et ouvert à tous. En France, Lyon (2019) et Bordeaux (2022) ont été lauréates de la compétition, engageant ainsi leur capital territorial, social et humain pour la croissance de leur secteur touristique, la prospérité de leur ville et une meilleure qualité de vie pour leurs habitants.

Le tourisme maritime et côtier n’est pas en reste

Le tourisme maritime et côtier joue un rôle important dans le développement régional, mais peut entraîner des conséquences désastreuses sur les ressources naturelles et l’environnement. Les acteurs des territoires littoraux développent ainsi des solutions pour un « tourisme bleu » intégrant la conservation, l’aménagement du territoire et la résilience climatique. Conscients de la nécessité de s’organiser entre acteurs divers mais tous concernés par ces enjeux, certains s’organisent dans le cadre d’un “dispositif local pour les acteurs locaux” en faveur d'une économie bleue durable. 

C’est le cas pour le Quartier Maritime de Paimpol en Bretagne, confronté à la pression foncière liée au tourisme, le maintien des activités primaires, la reconquête de la qualité de l’eau, la préservation de l’environnement et des paysages, l’exploitation des énergies marines… Grâce au FEAMPA, ils souhaitent faire de la mer et du littoral un levier de développement durable du quartier. 

Le FEAMPA, intervenant spécifiquement dans le cadre de la politique maritime intégrée, peut ainsi financer des projets touristiques mettant en valeur le patrimoine maritime, des projets d’écotourisme comme le projet FACET favorisant l’économie circulaire ou encore de pescatourisme en Corse (activité permettant aux marins-pêcheurs d’accueillir des touristes sur leur bateau pendant leurs sorties en mer). 

Les programmes Interreg, véritables laboratoires de pratiques touristiques durables en Europe

Les programmes de coopération territoriale européenne Interreg financent de nombreux projets touristiques. Les programmes transfrontaliers comme ALCOTRA ou France-Wallonie-Flandres visent entre autres à renforcer le rôle de la culture et du tourisme durable dans le développement économique, l’inclusion sociale et l’innovation sociale. 

Le projet PEPA “Patrimoine environnemental culturel” porté par le conseil départemental des Alpes de Haute-Provence et cofinancé par le programme ALCOTRA, en est la preuve. Il a permis la création d’une base de connaissances scientifiques partagées, la réalisation d’études et d’aménagements de sites patrimoniaux et le développement d’outils numériques innovants pour valoriser le patrimoine naturel et culturel des Alpes de Haute Provence et du Cuneo.

Tous les programmes Interreg
@Interreg France-Italie ALCOTRA - Projet PEPA

Certains programmes reposent même sur l’espace maritime entre plusieurs territoires européens. C’est notamment le cas des programmes Outre-Mer ou Italie-France Maritime. Des activités de tourisme favorisant la gestion durable des littoraux deviennent alors centrales pour un développement économique responsable du territoire. 

Le projet SEAsteMAR vise par exemple à développer et renforcer des systèmes communs pour la gestion des risques liés au transport maritime et au changement climatique, en capitalisant sur l’acquis transfrontalier. 

Les programmes Interreg participent à la promotion d’échanges de pratiques entre partenaires transfrontaliers. Quand on partage un territoire aux caractéristiques communes, apprendre des bonnes pratiques de son voisin devient un véritable levier pour le développement d’un bout à l’autre de la frontière. 

C’est notamment le cas du projet Cool Noons, par lequel cinq villes pilotes (Marseille, Lisbonne, Imola, Budva et Dubrovnik) testent ensemble des solutions innovantes pour un tourisme urbain plus durable, pour améliorer l’expérience des touristes et résidents lors des heures les plus chaudes. 

Pour en savoir plus : L’ANCT a co-porté en 2026 un guide élaboré par le ministère de l’économie et des finances mettant en valeur les financements européens disponibles dans le secteur touristique. 

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