Le patrimoine culturel possède une valeur intrinsèque, contribuant au renforcement de l’identité européenne. Sa diversité est un atout fondamental de l’UE, qui doit être respectée, promue et renforcée.
Le patrimoine culturel, illustration de l’identité européenne
Le « patrimoine culturel » regroupe de nombreux éléments de l’identité culturelle d’un territoire. C’est le patrimoine tangible des châteaux, musées et œuvres d’art, le patrimoine intangible des chansons et traditions, et sa version digitale. Valoriser le patrimoine culturel, c’est donc rénover des châteaux, jouer des œuvres musicales, partager des traditions, lire des œuvres littéraires et transmettre la connaissance.
Protéger et promouvoir le patrimoine culturel revient aux autorités locales, régionales, nationales et européennes. L’Union européenne vient compléter les actions des Etats membres dans ce sens, grâce à un certain nombre de politiques et programmes de financement, et en soutenant la collaboration entre les acteurs du patrimoine culturel.
Des soutiens spécifiques se développent ainsi, dans les politiques culturelles comme dans d’autres politiques où le patrimoine prend part. Les politiques de recherche et d’innovation peuvent développer la digitalisation et la numérisation des œuvres, les politiques d’éducation aident à sensibiliser les citoyens à leur patrimoine, les politiques contre le trafic visent à protéger les biens culturels…
Les politiques touristiques, elles, ciblent spécifiquement la préservation et la promotion du patrimoine culturel, élément clé de l’image et de l’identité des régions et villes européennes. Il représente en effet 40% de l’activité touristique en Europe (source : Commission européenne). Ressource importante pour la croissance économique, l’emploi et la cohésion sociale, le patrimoine culturel permet de revitaliser les zones urbaines et rurales, et promouvoir le tourisme durable. Environ 300 000 personnes sont employées dans le secteur du patrimoine culturel dans l’Union européenne, et 7,8 millions d’emplois y sont indirectement liés (comme l’hospitalité, l’interprétation, la sécurité).
On vous en parlait dans la page dédiée au tourisme.
Le patrimoine culturel européen se transmet et se protège dans les territoires
Le patrimoine culturel et la politique régionale
La politique régionale participe elle aussi pleinement à cette dynamique. Alors que la structure des villes et leurs centres-villes doivent s’adapter aux nouveaux usages, le patrimoine culturel doit être protégé pour ne pas perdre l’identité du territoire. L’Union européenne agit dans les territoires avec un soutien financier à la culture, à la sensibilisation au patrimoine et à des stratégies intégrées.
Un des instruments essentiels de ce soutien est bien évidemment le FEDER, qui permet de protéger, développer et promouvoir les atouts culturels d’un territoire. Dans toute l’Union européenne, 4,7 milliards d’euros de FEDER ont ainsi été ciblés pour la création d’emplois locaux dans les sites culturels et pour attirer les visiteurs dans des villes et endroits spécifiques.
Le projet Comm@nderie à Elancourt vise ainsi à concilier la préservation du patrimoine et la découverte du numérique, au sein d’une église du 12ème siècle des Yvelines qui abritait les Templiers.
Dans les programmes Interreg, et tout particulièrement dans les programmes transfrontaliers, le patrimoine culturel figure parmi les thématiques les plus fréquemment investies par les projets financés. Et pour cause : de part et d’autre des frontières, les territoires partagent souvent une histoire, des traditions, des paysages ou des savoir-faire communs. Le patrimoine devient alors un formidable levier pour renforcer les liens entre les populations, développer l’attractivité des territoires et construire une identité commune au-delà des frontières.
Financé par le programme Rhin supérieur, le projet « Châteaux rhénans » fédère plus de 30 partenaires pour valoriser les châteaux forts du territoire.
Les villes actrices du patrimoine culturel
Les villes sont des acteurs de poids pour la préservation et la promotion du patrimoine culturel. Tantôt soutien, tantôt porteuses de projets, elles se mobilisent pour préserver leur image et leur identité culturelles, qu’elles soient urbaines, rurales ou sur des territoires transfrontaliers.
Dans le Gers, la commune rurale La Romieu fait rayonner la culture grâce à des lieux emblématiques transformés en espaces vivants, comme son ancienne église devenue salle de spectacles et d’expositions. Sur l’espace transfrontalier de la Grande Région, le projet GRACE rassemble quant à lui le patrimoine culturel commun aux territoires français, belges, luxembourgeois et allemands pour proposer des actions d’éducation culturelle et artistique communes. La ville de Metz en est le chef de file.
L’agenda urbain, initiative partagée entre la Commission européennes, les Etats membres et les villes pour faire face aux enjeux du développement urbain, intervient aussi dans la culture et le patrimoine. En effet, un partenariat spécifique regroupant 30 membres y a travaillé. C’était le plus grand partenariat de l’initiative, regroupant notamment la France (par l’intermédiaire de son ministère de la Culture) et la ville de Bordeaux. Le programme URBACT en a également fait partie. L’objectif du partenariat : que les acteurs de tout niveaux, associatifs, autorités locales et nationales, partenaires de l’industrie, travaillent ensemble pour préserver la qualité du patrimoine culturel et en faire un outil pour atteindre des objectifs sociaux, écologiques et économiques.
11 propositions clés ont été publiées en 2024, entre les centres culturels pour l’innovation, la sensibilisation aux bibliothèques publiques, l’observatoire sur le patrimoine culturel et le changement climatique, ou des services culturels locaux favorisant l’inclusion sociale.
Les autorités locales peuvent aussi s’inspirer du catalogue des 30 bonnes pratiques en matière de patrimoine culturel élaboré dans le cadre de l’initiative « Patrimoine culturel en action », financée par le programme Europe Créative entre 2020 et 2023.
Récompenser les actions en faveur du patrimoine culturel
Les journées européennes du patrimoine, une initiative française sous le patronage du Conseil de l’Europe et de la Commission
Les journées du patrimoine sont initiées en 1984 par le ministère de la Culture français. Face au succès de la première édition, le ministre propose de l’élargir à toute l’Europe dès 1985. Elles sont officialisées en 1991 par le Conseil de l’Europe, organisation internationale séparée de l’Union européenne. Cette dernière s’y associe parce qu’elle partage la promotion de la diversité et du dialogue autour du patrimoine, à travers trois grands axes : conserver/restaurer, protéger et valoriser l’ensemble du patrimoine européen. Aujourd’hui, près de 50 pays signataires de la convention culturelle européenne organisent des évènements à l’occasion des journées européennes du patrimoine, rassemblant presque 30 millions de visiteurs.
Les prix et labels du patrimoine européen
Les prix européens du patrimoine récompensent des personnalités, initiatives et projets dans 5 grandes catégories relatives au patrimoine culturel : la conservation et la réutilisation adaptative, la recherche, l’éducation, la formation et les compétences, la participation et la sensibilisation des citoyens, et les champions du patrimoine. Il existe différentes échelles de prix, et chaque Grand Prix est accompagné d’une somme de 10 000 euros. En 2026, 26 acteurs français du patrimoine culturel ont reçu un prix !
Les sites labellisés « patrimoine européens » quant à eux symbolisent les valeurs, l’histoire et l’intégration européennes. En tout, 67 sites ont été désignés. En France, on compte l’Abbaye de Cluny, la Maison de Robert Schuman, le quartier européen de Strasbourg, le lieu de mémoire du Chambon-sur-Lignon, et la Maison Rachi de Troyes.
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