Description
Installée depuis 2 ans dans le village de Handschuheim, Julie Hoeffel cultive près de 150 000 escargots qu’elle transforme elle-même et qu’elle vend sur les marchés de la région. Son exploitation est aussi ouverte au public, notamment les plus petits, pour découvrir cette espèce hermaphrodite.
Un changement de vie radical pour devenir hélicicultrice
Tout plaquer pour se lancer dans l’élevage d’escargots, c’est un choix qui peut en surprendre plus d’un. C’est pourtant la vie qu’a choisi Julie Hoeffel à Handschuheim, à une trentaine de minutes de Strasbourg. Depuis 2023, elle s’occupe d’une ferme hélicicole où elle cultive 150 000 gros gris destinés à la consommation humaine.
Ancienne cheffe perruquière-maquilleuse dans le domaine artistique, elle a développé une grande passion pour les escargots par la lecture d’un livre : « j’étais encore à l’opéra, je me suis dit que je ne ferai pas ça à côté du travail. Et quand j’ai arrêté mon travail à l’opéra, ç’a été une évidence ».
Pour se lancer dans son nouveau métier-passion, elle suit un brevet professionnel responsable d’entreprise agricole, spécialisé dans les escargots, à Besançon. Elle achète le terrain et débute sa culture d’escargots.
Son exploitation se compose d’un vaste parc où les escargots grandissent et se reproduisent. Une fois pleinement évolués, Julie Hoeffel les transforme en cuisine grâce au beurre, à l’ail et au persil achetés à ses voisins agriculteurs.
La ferme hélicicole accueille aussi des visites guidées durant l’été et compte un parc pédagogique particulièrement prisé par les enfants. « C’est un coup de pouce au village parce que ça permet aux gens de venir déposer les escargots qu’ils trouvent dans leur jardin. Les enfants peuvent entrer dedans, ils peuvent les toucher. Et ça permet à tout le monde de se rencontrer autour d’un animal fascinant ».
Son exploitation se situe en zone naturelle protégée, il faut dont d’autant plus prêter attention à ses petits protégés. « Dès la formation, on nous prévient qu’on va travailler dans le vivant. Ma meilleure amie c’est la nature », conclut Julie Hoeffel.
Un métier prenant et coûteux
« On pourrait penser que le métier d’hélicicultrice est assez libre et léger alors qu’en réalité il prend quasiment toute l’année », explique Julie Hoeffel. L’héliciculture s’étend principalement de mars à décembre, mais il y a toujours des tâches à faire : la comptabilité, la cuisine, l’entretien des mangeoires, les filets anti-grêle, l’antifuites, la nourriture…
L’agriculture est aussi un corps de métier très difficile, surtout dans les premières années de l’exploitation. L’héliciculture en particulier est une culture très onéreuse, contrairement à ce qu’on pourrait penser. « Il y a des frais, on ne se rend pas forcément compte de ça au départ », poursuit l’hélicicultrice qui a dû investir ses propres économies pour démarrer son activité.
Pour développer son activité, notamment aménager les structures d’accueil du public et améliorer son matériel pour le marché, Julie Hoeffel a bénéficié du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) à plus de 30 000 €. « C’est vrai que cette aide-là m’a permis de lancer l’activité. Maintenant, le train est lancé et à partir de l’an prochain, je vais pouvoir à la fois en vivre et continuer de fonctionner de manière raisonnée », indique-t-elle.
Le FEADER permet d’accompagner les jeunes agriculteurs et les personnes qui débutent dans le métier et de défendre une agriculture française et européenne qui nourrit les citoyens chaque jour.