Description
En Bourgogne-Franche-Comté, des jeunes éloignés de l’emploi et du système scolaire retrouvent un cap grâce aux Écoles de la 2e Chance (E2C). Ces structures leur offrent un accompagnement individualisé basé sur la pédagogie active pour construire leur avenir professionnel.
Une formation rémunérée qui s’appuie sur la pratique
L’E2C Nord-Franche-Comté, situé à Belfort, fait partie des 56 structures présentes partout en France. Depuis 1995, elles accompagnent plus de 17 000 jeunes de 16 à 30 ans ni en emploi ni en études dans leur recherche d’emploi. La formation dispensée aux E2C prend la forme d’un contrat d’engagement de 35h par semaine et est rémunérée à hauteur de 550 euros par mois.
L’E2C de Belfort a accueilli près de 180 jeunes en 2025 pour les aider à se réinsérer. Première étape : le travail sur les compétences acquises. « [Nous devons] leur faire prendre conscience des compétences qu’ils ont déjà capitalisées au cours de leurs expériences et faire corréler ces compétences avec les besoins en main-d’œuvre du territoire », explique Céline Mennetrey-Vincenzi, directrice de l’E2C Nord-Franche-Comté.
L’E2C enseigne aussi les savoirs de base en français, mathématiques ou informatique par exemple. La différence avec l’école classique ? Chaque notion a du sens vis-à-vis du projet professionnel du jeune accompagné : « un stagiaire qui souhaite s’orienter vers un métier de peintre en bâtiment, les mathématiques vont être appliquées en lien avec son projet professionnel : du calcul de surface en mètres carrés, du calcul en mètre linéaire », poursuit la directrice.
Des débouchés concrets et une confiance retrouvée
L’enjeu des E2C auprès des jeunes est double : leur permettre d’acquérir des compétences professionnelles tout en retrouvant une estime de soi. À Belfort, les résultats parlent d’eux-mêmes : en 2025, 76 % des jeunes accompagnés ont accédé à un emploi durable, sous la forme d’un CDD de plus de deux mois ou d’un CDI.
Parmi eux, Esteban, 18 ans, a trouvé sa voie. Après avoir quitté le lycée à 16 ans, confronté à des difficultés familiales et à une perte de motivation, il a été orienté vers l’E2C par la Mission Locale. « J’ai fait mon stage de deux semaines en animation, ça s’est super bien passé. Ma tutrice m’a dit : ‘Si tu passes ton BAFA, je te prends’ », raconte-t-il. Aujourd’hui, Esteban prépare activement son Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur (BAFA), avec l’espoir de transformer cette expérience en un métier.
En 2025, l’E2C de Belfort a bénéficié du Fonds social européen + (FSE+) à hauteur de 350 000 euros. Et les 6 Écoles de la 2e Chance de Bourgogne-Franche-Comté reçoivent près d’1,5 million d’euros de FSE+. Une aide précieuse pour Jean-Marc Heyberger, président de la coordination régionale des E2C de Bourgogne Franche Comté, vice-président du réseau E2C France et président du réseau Europe : « Quand on voit 11% des jeunes qui sortent de tous les radars classiques, je pense que cette jeunesse au niveau de l’UE il ne faut pas la laisser se marginaliser. Il faut des fois pas grand-chose pour leur remettre le pied à l’étrier »